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« Nous ne formons pas seulement des humoristes, nous aidons des personnes à trouver leur voix »

Enfant des quartiers nord de Marseille, Mel Dogman a construit son parcours loin des chemins tout tracés. Après plus de quinze ans passés dans l'univers du spectacle et de la production, il lance la Stand-Up Maker School, une école de stand-up pensée comme un lieu de transmission, de pratique et de professionnalisation.

Mel Dogman

Mel Dogman, en coulisses lors du Festival Rire Ensemble à l'Olympia.

Au fil des années, il a travaillé autour de lieux emblématiques comme l'Olympia ou le Théâtre du Gymnase, accompagné des artistes, organisé des événements et développé une solide expérience de terrain. Avant de lancer son école, il proposait déjà du coaching individuel à des humoristes, artistes et professionnels souhaitant affiner leur présence scénique et leur prise de parole.

Aujourd'hui, il dirige également trois open mics hebdomadaires à Paris, où il observe de près l'émergence de la nouvelle génération du stand-up français. De cette expérience est née une conviction : de nombreux talents existent mais manquent souvent d'accompagnement, de méthode et de repères pour progresser. C'est ce constat qui a donné naissance à la Stand-Up Maker School.

Je vous avais déjà interviewé il y a quatre ans pour le festival Rire Ensemble que vous dirigiez à l'époque. On vous retrouve aujourd'hui avec votre nouvelle école, qu'est-ce qui a changé depuis ?

« Parce que j'en avais marre de voir des talents passer sous mes yeux sans pouvoir les accompagner comme ils le méritaient. Trois open mics par semaine à Paris, c'est un observatoire permanent : on y voit tout, les débuts hésitants, les déclics, les styles qui cherchent leur forme, et ceux qui pensent l'avoir trouvée un peu trop tôt. Très vite, j'ai compris une chose simple : le potentiel est rarement le problème, l'accompagnement lui manque souvent. Je donnais des conseils en sortie de scène, entre deux plateaux, mais ça restait fragmentaire. Alors j'ai décidé d'aller plus loin. La Stand-Up Maker School est née de là. Un projet professionnel oui, mais surtout une évidence construite avec le temps. »

« Voir quelqu'un arriver avec ses doutes, ses notes mal rangées et trois blagues testées sur sa cousine, puis le voir gagner en précision, en confiance, et tenir une salle entière, c'est ce qui donne du sens à tout ça. »

Pourquoi avoir attendu autant de temps avant de lancer l'école ?

« Parce que je voulais avoir quelque chose de solide à transmettre. On ne crée pas une école sur une envie du moment, on la construit sur des années de terrain. »

Vous dites que ce ne sera pas une école classique.

« Parce que le stand-up n'est pas une matière qu'on écoute, c'est une matière qu'on pratique. Sur scène, il n'y a pas de théorie qui protège, il n'y a que la réaction du public. »

Qu'apprendra-t-on concrètement ?

« L'écriture, le rythme, la prise de parole, la construction d'un passage, la présence. Mais aussi des bases de théâtre et de cinéma. Nous inviterons des humoristes, des directeurs de casting et des professionnels du spectacle pour des masterclasses. »

Vous limitez les promotions ?

« Oui, 12 à 15 élèves maximum. Au-delà, on ne suit plus les gens, on les traverse. Et dans ce métier, être traversé, c'est rarement une méthode d'apprentissage. »

Comment sera organisée la formation ?

« Deux formules. Une formule professionnelle sur un an. Une formule intensive sur trois mois. Dans les deux cas, tout se joue sur scène. Le public, lui, n'a pas signé pour attendre. »

Propos recueillis par Claire Delmas — Groupe Nice-Matin · Culture